LE TRI SÉLECTIF
Monaco à la traîne !
C’est pourtant une mesure indispensable...

La Nature n’est pas armée pour métaboliser les déchets de la société industrielle. La société moderne excessivement gaspilleuse et polluante représente de façon grandissante une menace pour l’environnement et la santé publique, ainsi qu’une source réelle de catastrophes écologiques : disparitions d’espèces végétales et animales, mutation climatique, aliments devenus toxiques, air vicié et pollué, montagnes de déchets dont on ne sait que faire, ressources en eau potable de plus en plus rares et de plus en plus contaminées par les polluants industriels.

Nous le savons, Monaco traite ses déchets par incinération. On cherche à minimiser ce gaspillage en avançant l’argument d’une « valorisation énergétique » desdits déchets. La combustion des déchets permet en effet de produire de l’eau chaude et du chauffage pour Fontvieille, mais elle produit aussi des rejets atmosphériques polluants. Nous voulons bien admettre que certains déchets irréductibles (produits non recyclables ou dont le recyclage n’est pas intéressant) puissent au moins servir à produire de l’énergie, c’est le cas des sacs en plastique ou des pots de yaourt. Néanmoins, la pollution inévitable qui découle d’une utilisation quotidienne et à grande échelle de l’incinération devrait inciter les pouvoirs publics à chercher d’urgence une autre solution.

Chercher une solution ? Elle a déjà été trouvée et elle est largement appliquée chez nos voisins français, italiens et partout en Europe : c’est le TRI SÉLECTIF DES ORDURES.

Le tri sélectif des ordures consiste d’abord et avant tout à sensibiliser le citadin et à mettre donc en œuvre une campagne d’éducation civique collective pour que chacun prenne les bonnes habitudes et apprenne les bons gestes. Car le tri sélectif, ça commence d’abord chez soi. En effet, chaque type de déchet peut être recyclé à condition qu’il soit isolé. Cela ne peut se faire de manière simple et efficace qu’en amont de la chaîne du traitement des déchets. Une fois toutes les ordures mélangées, le tri est pratiquement impossible.

On classe actuellement les déchets et ordures ménagères en 5 catégories :

  • les papiers et cartons (journaux, boîtes, emballages)
  • les plastiques (bouteilles, boîtes)
  • les métaux (métaux ferreux séparés des métaux non ferreux)
  • les déchets organiques (épluchures, restes alimentaires)
  • le verre

À Monaco, pour l’heure (2005), il n’existe que quelques conteneurs pour la récupération du verre. Cela oblige à s’y rendre volontairement pour jeter ses bouteilles en verre. Des gens le font volontiers mais d’autres n’y pensent pas et les personnes âgées n’en ont pas forcément envie, surtout pendant la canicule... Les autres ordures sont jetées en vrac dans les sac fournis par la SMA et tout est brûlé "les yeux fermés". Nous devons revendiquer qu’il soit mis un terme à cet énorme gaspillage. Autrefois les bouteilles étaient consignées, aujourd’hui tout se jette et malheureusement, plus on consomme, plus on jette. Le recyclage est donc indispensable. Il permet d’économiser des matières premières et réduire la pollution.

Quelques chiffres pour comprendre :

  • Chaque individu jette en moyenne 434 kg de déchets par an.
  • Monaco produit donc intra-muros plus de 10.000 tonnes de déchets.
  • Une personne sur trois grignote, d’où pullulement de petits emballages.
  • En recyclant l’aluminium on économise des ressources naturelles et 95% de l’énergie nécessaire pour fabriquer l’aluminium de première fusion.
  • Chaque tonne d’acier recyclé fait économiser une tonne de minerai de fer.
  • Chaque tonne de briques alimentaires recyclées permet d’économiser 2 tonnes de bois.
  • Chaque tonne d’emballages en carton recyclé fait économiser 2,5 tonnes de bois.
  • Chaque tonne de plastique recyclé permet d’économiser 700 kg de pétrole brut.
  • Le verre est indéfiniment et 100% recyclable.
  • Le verre recyclé est déjà la principale matière première de l’industrie du verre.

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Texte rédigé en juillet 2005, toujours d'actualité en 2007.