Réchauffement de la planète

Quatre Saisons

Les experts mondiaux du climat ont rendu un rapport plus alarmant que jamais sur le réchauffement de la planète. Pour le Brésil, les conséquences s’annoncent gravissimes.

Le doute est donc devenu certitude. En publiant, vendredi 2 février, un "résumé à l’attention des décideurs", les experts mondiaux du climat, réunis une semaine à Paris et à huis clos, ont confirmé que l’homme est responsable à 90% du réchauffement climatique global. Le précédent rapport, datant de 2001, évaluait à seulement 66% la responsabilité de l’être humain... Autre conclusion du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), la hausse des températures. D’ici 2100, elles devraient augmenter de 1,8 à 4°C, entraînant une élévation du niveau des océans de 18 à 59 cm.

Enfin, et ce n’est pas le moins inquiétant, ces tendances ne sont pas prêtes de s’inverser. Compte tenu de leur durée de vie dans l'atmosphère, les émissions "passées et futures de CO2 continueront à contribuer au réchauffement et à l'élévation du niveau des mers pendant plus d'un millénaire", avertissent les experts.

« Il n’y aura aucun refuge climatique. Tout le monde va sentir le réchauffement » affirme le Brésilien José Antonio Marengo, un des scientifiques ayant participé aux travaux du GIEC. Le chercheur évoque, dans le quotidien O Estado de São Paulo, les conséquences au Brésil. « Les effets seront ressentis du nord au sud. L’augmentation de la température entraînera des préjudices économiques, avec la chute de production des principales matières premières. Des espèces de la faune et de la flore disparaîtront. Et les villes du littoral, notamment Recife et Fortaleza, seront menacées par l’élévation du niveau de la mer. »

« On se rapproche de la catastrophe »

La ministre brésilienne de l’Environnement, Marina Silva, a réagi à la publication du rapport du GIEC. « L’effort doit être général. Le problème, c’est que si les pays en développement, avec tous leurs problèmes économiques, parviennent à résoudre les 20% de la pollution mondiale dont ils sont responsables, mais que les pays riches ne résolvent pas leurs 80%, rien n’avancera. Le petit jeu du à-toi-à-moi ne sert à rien. Il est important que chacun prenne ses responsabilités. Les riches accusent les pauvres, les pauvres accusent les riches, et pendant ce temps-là, on se rapproche de la catastrophe ».

Pour ne pas en arriver là, le gouvernement a commandé une série d’études sur les effets du réchauffement climatique. L’une d’elles, justement conduite par José Antonio Marengo, estime que la température en Amazonie aura augmenté de 8°C d’ici à la fin du siècle. Ainsi, de 10 à 30% de la forêt disparaîtrait. Une autre étude menée par des chercheurs brésiliens indique que la hausse des températures entraînerait de graves conséquences pour l’agriculture. Le scénario le plus pessimiste indique une réduction de 70% de la production de soja. Le riz et le maïs subiraient des baisses de productivité de 30%.