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Comité pour la création du Mouvement Monégasque
de Défense des Consommateurs et de l’Environnement

Quatre Saisons
« Les Quatre Saisons, la plus belle expression du cycle de la vie »

Dernière mise à jour de ce site : Samedi 6 juin 2009

Contact pa courriel : khalazo@aol.com

L’éditorial de Marc Giacone

LE TRI SÉLECTIF N’EST PAS UNE PANACÉE
C’EST UNE SOLUTION NÉCESSAIREMENT PROVISOIRE

Force est de constater que les problèmes d’environnement à Monaco sont beaucoup plus évoqués avec des paroles qu’avec des actes ; quelques-uns sont posés, mais parfois avec une inclinaison à confondre urbanisation harmonieuse et protection de l’environnement.

Pourtant, la cité de demain, habitat soutenable, écologiquement et harmonieusement intégré à la nature, est désormais le seul choix de société qui s’offre à nous, si nous voulons assurer aux générations futures un monde vivable. Une telle cité n’est réalisable que si nous modifions nos comportements.

Certes, Monaco progresse et il est heureux qu’ait été réglé en 2008 le problème de la mise aux normes de l’usine d’incinération. Faut-il pour autant brûler tous les déchets sans distinction ?

Fin 2008, il vaut mieux tard que jamais, le tri des ordures ménagères est enfin arrivé à Monaco. Mais est-ce un progrès ou une illusion ? Un tri intelligent des ordures ménagères pour tous les habitants de notre pays, doit être aussi une démarche collective encadrée avec des mesures incitatives et de la pédagogie.

Il est en effet nécessaire d’émettre les plus grandes réserves quant au bilan du tri sélectif. Ça ne doit pas être considéré comme une solution définitive ni même comme une solution écologique.

Une solution parfaite, c’est de faire suivre aux objets le cycle le plus écologiquement idéal possible, autrement dit sans intrants ni extrants, sans rajouter de la matière, sans gaspiller d’énergie, sans polluer, sans non plus considérer à un moment un objet comme un «déchet». Ceci signifie qu’il faut absolument :

  • privilégier la réutilisation, le réemploi des objets le plus longtemps possible ;
  • préférer la réparation d’un objet (apport minimal de matière extérieure pour qu’il soit réutilisable) à son recyclage ;
  • préférer les formes de recyclages les plus locales, les plus courtes et les plus simples possible : à ce titre, le recyclage le plus parfait en termes environnemental, c’est le compost individuel/familial. Ceci signifie aussi qu’en fait, écologiquement parlant, il vaut mieux mettre ses vieux cartons dans son compost que de les faire recycler de manière centralisée pour recréer du papier.

Le tri sélectif n’est donc qu’une solution de second plan risquant, à moyen terme, de constituer un obstacle à un avenir durable. Les solutions centralisées et à grande échelle ne sont pas à privilégier (parce qu’elles dépendent massivement d’infrastructures de transport, parce qu’elles ne sont pas à taille humaine, parce qu’elles doivent être gérées par des institutions énormes et pas par des citoyens, parce qu’elles sont excessivement gourmandes en énergies et ressources...).

Il y a, reconnaissez-le, une absurdité criarde à polluer plus en voulant dépolluer !

Encore une chose me choque dans le tri sélectif : les conteneurs destinés à recevoir revues et journaux. Jeter un magazine neuf ou en bon état alors que celui-ci pourrait faire le bonheur d'une personne qui aime la lecture et a peu de moyens pour en acheter, est-ce vraiment un geste citoyen ? Ces conteneurs sont verrouillés, justement pour qu'on ne puisse pas récupérer. N'est-ce pas contradictoire d'une société qui, en se voulant écologique, devrait bien au contraire favoriser la récupération ?

L’écologie ne doit pas seulement se penser en terme de protection de l’environnement, mais aussi en terme de rapports avec les humains. Jeter au lieu de donner est une forme de pollution. Pensez-y avant de jeter.