Fontvielle ou Cancer-land ?
L’incinérateur de Fontvieille constitue
un grave danger pour l’environnement.

Avez-vous déjà vu à 4 ou 5 heures du matin le monstrueux panache de fumée qui s’échappe des deux cheminées de l'incinérateur de la SMA situé à Fontvieille ?

L’incinérateur de Fontvieille inquiète de plus en plus les populations monégasque et française limitrophe. Le projet retenu pour mettre aux normes l’usine d’incinération, appelé : RCS (réduction catalytique sélective) et qui permet de réduire les oxydes d’azote et les dioxines ne semble pas diminuer cette crainte. A cette occasion l’emploi et le stockage d’ammoniaque, gaz irritant, suffocant et pouvant provoquer de graves brûlures est une menace de plus pour le quartier de Fontvieille. N’oublions pas le récent incident de pyralène (autre produit très toxique) qui s’est heureusement achevé sans trop de mal.

Depuis 1898 Monaco incinère ses ordures, l’actuelle usine d’incinération fonctionne depuis 1980. L’usine devrait fermer ses portes aux alentours de 2020. Les dioxines, furannes et PCB (biphényles polychlorés) ont une durée de vie relativement longue dans l’environnement (7 ans minimum), ils ont tendance à s’accumuler dans les tissus adipeux des animaux et des humains, où ils peuvent rester quasi indéfiniment. Les dioxines sont dangereuses, très dangereuses (cancers, dérèglements hormonaux...) et à doses très infimes (professeur André Picot, toxicologue au CNRS). D’après le Conseil Supérieur d’hygiène publique de France, l’exposition de la population française à une dose de 1 picogramme (= 1 millionième de millionième de gramme) entraînerait une surmortalité par cancer de 1800 à 2900 cas par an.

D’après le CNIID (Centre National d’Information indépendant sur les déchets) 5 % des Français les plus contaminés affichent 9,4 picogrammes par kilogramme et par jour. Soit trois millions de personnes potentiellement exposées à deux fois le taux limite fixé par l’OMS. Jusqu’à l’âge de deux ans les bébés absorbent 5 % des dioxines assimilées durant leur vie, via le lait maternel, l’alimentation et la pollution de l’air. Et la liste est longue, très longue.

Il faut encore rajouter comme polluants émis par l’incinérateur les particules très fines qui arrivent à s’échapper de n’importe quelle filtration, les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, cadmium...), les poussières totales, le chlorure d’hydrogène, l’acide chlorhydrique, le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre...Les scientifiques n’ont pas encore analysé la totalité des substances (de l’ordre du millier).

La SMA (Société monégasque d’Assainissement) prétend réduire le volume des déchets après incinération de l’ordre de 90 % or ce chiffre ne tient pas la route. Si l’on fait la somme de tous les déchets produits par l’incinérateur, la quantité produite dépasse la quantité arrivée au départ. Les gaz des cheminées, résultant de la combinaison de matière carbonée avec de l’oxygène, sont généralement ignorés dans le calcul de la masse des résidus alors que cette combinaison qui produit le CO2 (l’incinérateur produit un quart du CO2 émis dans l’atmosphère par la Principauté) augmente le véritable poids total. Les résidus des systèmes de lavage humide des fumées peuvent générer d’importants volumes d’eau et de matières solides. Il faut ajouter les dangereux mâchefers (employés dans la construction des routes et qui polluent les nappes phréatiques par ruissellement), les refioms* et cendres (déchets ultimes mis en décharge de classe I).

La mise aux normes de l’incinérateur ne voudra pas dire que celui-ci sera sans danger. Les déchets issus de l’incinération seront toujours aussi importants.

Les composés organiques comme les dioxines, même à 0,1 nanogramme par mètre cube de fumée expulsée (norme européenne) celles-ci viendront de toute manière s’ajouter à celles déjà présentes dans le milieu ambiant et à celles déjà ingérées soit par l’alimentation soit par les voies respiratoires (je ne cite que les dioxines).

Il est grand temps d’arrêter de jouer aux apprentis sorciers, de supprimer toute incinération des déchets ménagers, industriels, hospitaliers et autres boues de station d’épuration. Ce procédé est dépassé, dangereux, il contribue aussi avec la circulation routière à augmenter l’effet de serre et le réchauffement de la planète. Des départements comme l’Aude, des régions et des pays en Europe ont décidé d’arrêter toute incinération. Des solutions existent, elles sont sans danger et créent de l’emploi et de la richesse plus que les incinérateurs et leurs chaudières de récupération d’énergie : le tri sélectif, le recyclage, le compostage, la mise en décharge réversible, la méthanisation, la réduction des déchets à la source...

Devant le manque de transparence de la SMA concernant les analyses des fumées, du danger de l’incinération des déchets sur la santé des riverains (dans un rayon minimum de 2 kilomètres), du futur projet RCS incluant notamment l’emploi de l’ammoniaque ,la coordination associative contre l’incinérateur de Monaco comprenant les associations :Ensemble pour Cap-d’Ail, Beausoleil Démocratie et le Collectif Citoyen de la Riviera Française lancent une pétition en vue de saisir les gouvernements français et monégasques sur la nécessité :

1. de procéder à la fermeture de l’usine d’incinération de Monaco impropre à un usage urbain et contraire à l’engagement environnemental de la Principauté de Monaco sur la scène internationale.

2. De mettre en place des solutions alternatives.

3. De procéder à des études écotoxicologiques volontaires sur les personnes exposées de manière prolongée aux dioxines, furannes et PCB : personnel de l’incinérateur, riverains...

Nota : La pétition peut-être téléchargée sur le site des citrons verts : http://citronsverts.free.fr/Vous pouvez la transmettre à : Serge JUNG l’Atalante Bt C, Avenue Marquet 06320 Cap-d’Ail

*Les MIOM et des REFIOM

MION = mâchefer d'incinération d'ordures ménagères

Les MIOM sont, en fonction de leurs caractéristiques physico-chimiques et de leur potentiel polluant, classés en trois catégories suivant trois filières possibles :

  • la valorisation en génie civil, sous couche routière et remblais,
  • la maturation ou le prétraitement pour être, à court ou moyen terme, valorisé,
  • le stockage pour la catégorie considérée la plus polluante.

REFIOM = résidu de fumée d'incinération d'ordures ménagères

Les REFIOM sont actuellement considérés comme déchets ultimes en raison de leur fort contenu en produits toxiques solubles (Pb, As, Sn, Hg, Cu, Zn,...). Ils sont, de ce fait, destinés à la mise en stockage. Cette mise en stockage ne peut se faire qu'après un stade de traitement, de stabilisation et de solidification (Procédé de Stabilisation et Solidification -PSS-) dont les buts sont à courte échéance, de réduire la solubilité, d'assurer la rétention des éléments polluants et d'améliorer les caractéristiques mécaniques des déchets.

Actuellement, malgré l'exploration de plusieurs voies autour des PSS (solidification par des ciments, enrobage dans du bitume ou du plastique et vitrification), seule la solidification est disponible sur le marché. On n'utilise la vitrification que pour les boues radioactives car c'est un procédé qui coûte cher, mais il est probablement l'un des plus efficaces à l'heure actuelle.

Des chiffres

Actuellement à Monaco, l'incinération constitue la filière principale de traitement des déchets ménagers.

  • 250 à 300 kilogrammes de MION sont produits par tonne incinérée
  • 50 à 70 kilogrammes de REFIOM sont produits par tonne incinérée.
Sur un an cela correspond à :
  • 2500 à 3000 tonnes de MIOM ;
  • 500 à 700 tonnes de REFIOM.