La société de consommation est aveugle, il n’y a pas de croissance infinie possible sur une planète dont les ressources sont limitées. Nous risquons d’avoir épuisé la majeure partie des ressources de la Terre avant 2050. L’extraction du pétrole entre aujourd’hui en déclin. Les pollutions déséquilibrent le climat, et la biodiversité s’effondre. La société de consommation engendre un pillage : 20 % de la population de la planète, résidant dans les pays riches, consomment plus de 80 % des ressources planétaires. Notre niveau de consommation a un coût : l’esclavage économique de populations entières. La société de consommation est mortifère, elle réduit l’humain à une seule dimension : consommateur. Elle nie nos dimensions politique, culturelle, philosophique, poétique ou psychologique qui sont l’essence même de notre humanité. Nous devons nous libérer de l'obscurantisme qui consiste à croire en la toute-puissance de la technoscience. La science repose sur le doute et non sur la foi. La société de consommation fonce droit dans un mur. Il n'est pas besoin d'être économiste pour comprendre qu'un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. C'est pourtant le cas des sociétés riches, qui pillent allègrement les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun à toute l'humanité, sans tenir aucun compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Par exemple, le pétrole a mis des millions d'années à se constituer sous la forme que nous connaissons actuellement, et il aura suffi de deux siècles pour faire main basse sur la majeure partie de cette richesse. De plus, comme si cela ne suffisait pas, notre modèle économique fondé sur la croissance provoque une augmentation constante de ces prélèvements. Ne pas puiser du tout dans notre capital naturel semble difficile, ne serait-ce que pour fabriquer des objets de première nécessité comme une casserole ou une aiguille. Mais nous avons déjà prélevé et transformé une quantité de minerais considérable. La masse d'objets produits constitue déjà un formidable potentiel de matière à recycler. L'objectif de l'économie saine peut nous sembler un horizon utopique. En fait, nous avons au maximum 50 ans pour y parvenir si nous voulons sauvegarder l'écosystème. Notre planète ne négocie pas de délais supplémentaires. Il reste, au rythme de consommation actuel, 41 années de réserves prouvées de pétrole, 70 années de gaz, 55 années d'uranium. Même si ces chiffres peuvent être contestés, nous nous dirigeons vers le terme de la plus grande partie des ressources terrestres à brève échéance si nous ne changeons pas radicalement de cap. Prenons le pétrole : nous consommons désormais plus de ces ressources que nous en découvrons de nouvelles. De plus, il est prévu, d'ici à 20 ans, un doublement du parc automobile mondial ainsi qu'un doublement de la consommation énergétique mondiale. Enfin, plus nous approchons du terme des ressources, plus celles-ci sont difficilement extractibles. Il reste que le plus grand danger semble aujourd'hui plus les dommages que nous faisons courir au climat que l'épuisement inévitable des ressources naturelles. Il est du devoir, de la responsabilité de chaque individu et de l'humanité de préserver son environnement et de le restituer à ses descendants, au minimum, dans l'état où il lui a été confié. Le principe de responsabilité, qui définit l'âge adulte, veut que nous ne développions pas une technique non maîtrisée. Nous n'avons pas à léguer à nos descendants une planète empoisonnée pour la fin des temps. La priorité est donc de s'engager à l'échelle individuelle dans la simplicité volontaire. C'est en changeant nous-mêmes que nous transformerons le monde. |